Surfer la vague d'automne

Surf aux Îles de la Madeleine 

Mi-novembre, aux Îles de la Madeleine.

Les voiliers sont sortis depuis quelques semaines, les havres sont pratiquement vidés des bateaux de pêche, l'été est bien rangé et tout semble tranquille sur l'eau. Pourtant, si votre regard se perd dans la mer, vous pourriez apercevoir, selon l'heure et l'endroit, quelques petits points noirs et blanc dépasser de la ligne des eaux et glisser près des côtes. Vous avez peut-être affaire à un rendez-vous d'une clique de surfeurs locaux venus défier les vagues et les vents d'automne.

Ils sont une dizaine de passionnés répartis partout sur le territoire qui guettent la météo et échangent quotidiennement sur les conditions de vagues sur les réseaux sociaux. Il faut être à l'affût, car les conditions idéales ne peuvent durer que quelques heures.

Alors, enfilez une épaisse combinaison, bottes, mitaines et capuche et garrochez-vous avec eux dans les glaces et les vagues du Golfe pour en apprendre un peu sur cette passion locale encore marginale. Le surf aux Îles en quatre points.

Les plus belles vagues ne sont pas nécessairement lors des plus grands vents

Bien que le surf se pratique toute l'année aux Îles de la Madeleine, c'est véritablement les vents d'automne et d'hiver qui créent des conditions plus qu'enviables. Si les Îles sont reconnues pour la puissance de ses vents, en réalité, c'est leur constance qui est remarquable. Il vente toujours aux Iles ! En été, les vents dominants proviennent du sud-ouest (suroît), sont réguliers et plutôt cléments. Lorsque l'automne arrive, les rafales tournent et les tempêtes réputées proviennent du nord-est (nordet).

En plein coeur du Golfe du St-Laurent, peu importe la trajectoire du vent, quand ça arrive, ça vient de loin. Pour notre petit chapelet d'îles qui sortent à peine de l'eau, les vagues qui s'y forment sont impressionnantes. L'automne amène souvent une mer déchaînée, peu structurée, avec de gros moutons blancs. Toutefois, les connaisseurs savent que c'est les jours suivant un grand vent qui offrent les meilleures conditions de surf. Particulièrement, les lendemains de tempêtes d'Est apportent avec eux une houle qui vient de loin dans l'Atlantique, modulant des bancs de sable qui créent des rouleaux bien espacés. Ces conditions insulaires et maritimes de surf ont peu à envier aux endroits connus et réputés.

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Une publication partagée par jarrett quinn (@jarrett_quinn) le 17 Nov. 2018 à 4 :14 PST


Ne pas avoir froid aux yeux !

Quoi de plus extrême que de surfer la houle de l'Atlantique en plein coeur du Golfe? Le faire en plein automne ou en plein hiver dans les glaces. Pour avoir vu des irréductibles insulaires surfer la houle un 24 décembre, on comprend qu'il faut un bon équipement et une bonne dose de volonté.

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Une publication partagée par Jason Bent (@bent_jason) le 30 Janv. 2017 à 3 :25 PST

 

Les surfeurs locaux sont équipés de combinaison isothermique complète avec bottes, capuche et mitaines. Plusieurs recommandent une combinaison de 5/4 millimètres (épaisseur de 5mm sur les jambes et de 4mm sur les bras). Finalement, la seule partie du corps qui n'est pas couverte c'est les yeux. Vous appréhendez un plongeon la tête première dans les eaux automnales? Certains vous diront que le pire n'est pas la température de l'eau sur le visage, mais surtout l'effet du vent sur celui-ci. Finalement, ils sont mieux dans l'eau qu'en dehors !

Tout seul, ensemble

Généralement, la pratique de surf est reconnue pour être une activité qui implique le dépassement de soi. C'est donc un sport qui parait plutôt individuel, mais qui est aussi remarquablement collectif. C'est particulièrement le cas aux Îles de la Madeleine. Pour aller défier les éléments, les surfeurs des Îles y vont naturellement en groupe. Notre archipel étant reconnu pour la force de ses courants et l'imprévisibilité des conditions changeantes, c'est d'abord une question de prudence.

Bref, on veille aux autres et chacun fait son affaire. Tout seul, ensemble !

De plus, sur la ligne des eaux, tous sont égaux. Vous pouvez retrouver en train de surfer les vagues des Îles une artiste, un cadre administratif, un professeur d'école secondaire, un conseiller juridique, un arpenteur et un cuisinier ans le même bouillon d'eau. Quand les surfeurs se partagent la mer, ce qui impressionne, c'est l'immensité du terrain de jeu. Autrement dit, dans un vague de novembre aux Îles, on est loin d'être pris devant un feu de circulation, coincé entre deux voitures, une ligne jaune et une ligne blanche...

 

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Surf Art ! Aux resto Les Pas Perdus...#surfart #ilesdelamadeleine #DominicLefrançois #artsurf #surf

Une publication partagée par Dominic Lefrancois (@dominiclefrancois) le 2 Juin 2018 à 6 :01 PDT

 

Une affaire de patience...

Vous l'avez surement entendu, aux Îles de la Madeleine, on n‘a pas l'heure, mais on a le temps.

Ça veut aussi dire, qu'aux Îles, la vague, elle se mérite et elle se laisse attendre. Dans un monde où tout s'accélère et où l'instantané est omniprésent, une dose de patience serait quelque chose de tout à fait sain, dit-on. La vague aux Îles, elle peut prendre son temps à revenir. Toutefois, cette attente vaut vraiment la peine et, entre nous, pour s'occuper entre deux vagues aux Îles, ce ne sont pas les occasions qui manquent !

 

 

Enfin, voici quelques endroits de prédilection de la communauté de surfeurs des Îles :

Image d'entête : Jarrett Quinn

Par Jean-Étienne Solomon

En tant que Madelinot, je me considère aussi comme un touriste. Je suis de ces nombreuses personnes d'ici qui profitent de l'archipel en toute saison et qui revisitent un territoire toujours de plus en plus surprenant et changeant.

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