Ce que la musique nous fait

Îles de la Madeleine, musique, piano

J'ai eu la chance de réaliser un projet artistique en 2017 où je devais partir à la rencontre de porteurs de la chanson traditionnelle des Îles de la Madeleine. Au fil des rencontres, ce qui était commun à chacune de celles-ci, c'est l'importance, la vitalité et le dynamisme du patrimoine musical de chez nous.

 

Revoir son répertoire. #chantsdavant

Une publication partagée par Nathaël Molaison (@chevalierduchangement) le 29 Avril 2017 à 4 :54 PDT

 


Je ne sais pas ce qu'il y a dans le vent, mais les Îles, non seulement ça se marche et se raconte, mais ça se chante. Les familles de chanteurs, musiciens, tapeux de pieds, turlutteux et reeleux sont une norme. Dans chaque famille que j'ai eu la chance de croiser aux Îles, il s'en trouve toujours au moins un, quand ce n'est pas tout le bataclan, à avoir hérité du don de la musique.

On dira que les hivers sont longs. On dira que les gens travaillaient dur. On dira aussi que les gens se voisinaient bien plus qu'ils le font maintenant. Mais ce serait nier qu'encore aujourd'hui, la musique se passe d'une génération à l'autre. Il suffit de passer un automne ou un hiver ici pour s'en apercevoir : quand la dernière vague de visiteurs a quitté les berges, les insulaires se retrouvent.

Et le lieu de prédilection de ces retrouvailles, c'est la maison. Comme celles de nos grands-parents. On s'assoit autour de la table, on sort la bière, les chips et surtout les guitares. Parfois on a le clavier, les amplis, parfois on reste acoustiques. L'essentiel, c'est la musique, la magie qui opère entre les Madelinots.



Îles de la Madeleine, musique, chanson

 

La musique crée une communion entre les êtres. De tous les chanteurs et « chanteux » que j'ai pu rencontrer, j'ai retenu cette idée que la musique crée du lien, qu'elle rapproche. Pour plusieurs, la musique accompagne chaque événement de la vie : mariages, naissances, décès, anniversaires, retrouvailles, tout est prétexte à la chanson.

J'ai la chance d'appartenir à deux familles de musiciens. Des musiciens qui ont appris la guitare, la podorythmie et le chant de leurs parents, oncles, tantes et grands-parents. Ici on ne prend pas de cours; on apprend à l'oreille et à l'oeil, en regardant les anciens.

Ma grand-mère paternelle, à tous les jours de l'An de sa vie, réunissait tous ses enfants le temps d'une veillée. Une tradition, qui sans doute résonnera dans d'autres familles aussi, voulait que chaque invité ait droit à son deux minutes de gloire. Une chanson, pas toujours choisie, devenait notre drapeau, et chacun devait passer au crachoir. On n'y échappait pas.

Si ces traditions-là s'estompent avec le temps, l'essence de celles-ci, ce devoir de mémoire qui les précèdent, reste encore. C'est pourquoi chaque génération amène son lot de musiciens. C'est aussi pourquoi les veillées entre amis se finissent parfois sur un amalgame de « vieilles chansons ». Parce qu'il n'y a rien comme « déterrer des classiques » pour sentir qu'on fait partie de quelque chose de plus grand que nous. Il n'y a rien comme un héritage musical pour se rappeler qui on est et, surtout, de qui on vient.

Par Nathaël Molaison

Durant mes 18 premières années passées aux Îles, je ne m'étais jamais arrêté à la richesse de leurs paysages. C'est seulement au retour que j'ai commencé à comprendre pourquoi on aime tant ce lieu orné de mystère. Pourquoi on devient #fousdesiles.

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