Quelque part entre Boisville et les Caps

Îles de la Madeleine, La côte, quai, bateaux, eau

Est-ce le printemps qui s'essaie ou l'hiver qui s'accroche ?

En tout cas, je n'ai pas les bons souliers.

On est la-mi-avril, je marche entre Boisville et Les Caps.

Un trajet que je fais souvent. D'habitude, la route est plutôt légère en circulation. Là, pourtant, il y a du monde à La Côte, dans le village de L'Étang-du-Nord. La crèmerie est maintenant ouverte. L'appel du sucré. Combattre ce qu'il reste de l'hiver avec du glacé ! Pas très loin de là, il y a le quai qui s'active à l'approche de la pêche au crabe et, plus tard, de celle au homard.

Maintenant le printemps. La journée s'allonge et le soleil s'étire sur mes souvenirs. Je déambule à La Côte devant la crèmerie, le quai, le café, les statues, chez Arthure, le parc, la poissonnerie...

Des images de ce lieu me reviennent à la mémoire.

La passerelle de bois, les bateaux, l'abondance de rosiers, les cabanes de pêcheurs, le pont nerveux du parc et l'odeur inimitable de la menthe sauvage dessous. Des spectacles ensoleillés et des histoires de peinture. Des hivers de familles. Un anneau de glace et des concours de sculptures sur neige. Puis, des jours de mai, brumeux et salés. Un océan qui se respire de partout, de la forêt à la plage, de la colline à l'église.

Une grande partie de mon enfance s'est passée là, à La Côte, quelque part entre Boisville et Les Caps.

Aux Îles, Boisville, Les Caps, La Côte sont des cantons.

 

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Chez nous, le canton représente un partage spontané du territoire. C'est encore aujourd'hui la manière la plus naturelle d'expliquer et d'occuper l'archipel madelinot. Le canton constitue un regroupement de maisons et d'activités liées à l'environnement, au patrimoine bâti et aux traditions. Au schéma d'aménagement, on dit du canton qu'il « se prolonge verticalement vers un arrière-pays boisé (ou pelé), où on trouve des terres à bois ou des pâturages, et horizontalement vers des dunes, des marais, des étangs et des lagunes. Le canton, c'est un mode d'occupation qui épouse le bâti en place, les crêtes, le rythme des vides et des pleins. Chacun d'entre eux offre des paysages différents dont la valeur est en quelque sorte liée à cet attachement que leur portent les gens qui y vivent ».

Tout ceci m'appelle à penser à la place particulière que représentent encore les cantons dans la vie des résidents. Aux Îles, rapidement, on peut dénombrer une bonne trentaine de cantons, à peu près de la même dimension l'un et l'autre. Ils constituent un repère d'appartenance très significatif pour les gens, d'hier à aujourd'hui. Et s'ils ont un rôle historique en matière d'occupation du territoire et du mode de vie des Madelinots, ils ont aussi une importance toute moderne à préserver et à ne pas dénaturer.

C'est donc dans nos cantons, tous très différents, que se vit avec simplicité le quotidien des insulaires et là ou se cachent les paysages  singuliers qui font la fierté des gens d'ici.

En terminant, tout simplement, pour leur musicalité et pour les découvrir, en nommer quelques un :

Bassin, Boisville, Cap-aux-Meules, Cap-Rouge, Cap-vert, Dune-du-Sud, La Sheg, les Sillons, East Cape, Pointe-de-l'Est, le Barachois, l'Hôpital, Mocôques, La Cyr, Grand-Ruisseau, Gros-Cap, Down the Valley, Red Head, L'Anse-à-la-Cabane, L'Étang-des-Caps, la Côte, La baie, La Martinique, La Montagne, La Petite-Baie, La Pointe, La Pointe de Grande-Entrée, La Vernière, Les Billots, Les caps, Old-Harry, Sand Cove, Pointe-aux-Loups, Pointe-à-Marichite, Pointe-Basse, Portage du Cap, La Grave...

Par Jean-Étienne Solomon

En tant que Madelinot, je me considère aussi comme un touriste. Je suis de ces nombreuses personnes d'ici qui profitent de l'archipel en toute saison et qui revisitent un territoire toujours de plus en plus surprenant et changeant.

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