Allers-retours, ou comment je suis devenu « fou des Îles »

Îles de la Madeleine, plage, sable, mer et gazon

Mon nom est Nathaël Molaison. J'ai quitté les Îles de la Madeleine en 2008, persuadé qu'il s'agissait de la dernière fois que je vivrais mon quotidien d'insulaire, que je partais « pour la grande terre » pour le reste de mes jours. Je voulais devenir écrivain, comédien, metteur en scène, réalisateur ; bref, je voulais créer et être apprécié pour ma création. Je voulais me tailler une place dans le milieu artistique, et pour moi, cette opération ne pouvait se faire qu'en ville, là où les contacts se font, où les choses se passent, où la vie court parfois jusqu'à nous essouffler.

Puis je suis revenu. Sept ans plus tard. Il m'arrivait bien sûr à l'occasion, pour le temps des Fêtes, les vacances, les congés scolaires, de me redéposer ici. Chaque retour était comme un coup au coeur, un battement de plus. Chaque atterrissage me permettait de voir la variété des maisons, l'espace entre chacune d'elles, la vastitude du territoire de ces toutes petites îles au milieu du golfe. En ville, la mer me manquait tellement que j'allais régulièrement voir les bateaux du Vieux-Québec, puis, plus tard, la Rivière Saint-Charles, pour m'abreuver les yeux.

Je suis revenu. Je voulais devenir écrivain. En sept ans de vie citadine, j'ai compris que mon écriture ne serait jamais aussi humaine, aussi sincère, aussi franche, que si j'acceptais de poser les pieds ici. Je suis devenu un nouvel arrivant sur mon propre territoire. Un « néo-madelinot », comme le dit l'expression.

 

Contemplation. #100happydays #day15

Une publication partagée par Nathaël Molaison (@saluerlamer) le 25 Juil. 2014 à 7 :26 PDT

 

Durant mes 18 premières années passées aux Îles, je ne m'étais jamais arrêté à la richesse de leurs paysages. C'est seulement au retour que j'ai commencé à comprendre pourquoi on aime tant ce lieu orné de mystère. Pourquoi on devient #fousdesiles. Dans mon cas, ce fut le brouillard qui me happa, au jour de mon arrivée. C'était le lieu idéal où m'installer : la tête dans les nuages. J'ai inspiré fort le vent et les vagues et le spectaculaire silence qui m'enveloppait. Je suis tombé amoureux de ce calme, du mouvement lent et délicat des vagues à l'horizon.

Je suis devenu écrivain. J'ai été comédien à l'occasion, metteur en scène et réalisateur. J'ai eu le droit, ici, de tout essayer. J'ai eu la confiance de tout essayer. Je l'ai encore. Je me suis taillé une place à ma mesure, selon mes envies et mes désirs. Je suis devenu un créateur, une âme vagabonde. Un marcheur qui parle parfois tout seul sur la plage, se récitant à lui-même sa prochaine histoire.

 

La vue. #ilesdelamadeleine

Une publication partagée par Nathaël Molaison (@saluerlamer) le 9 Juil. 2015 à 9 :44 PDT

 

Et si les Îles ont aussi leurs défauts, et si les gens ont aussi leurs défauts, c'est quand même ici que je me sens le mieux, le plus investi, le plus compris. Avec l'écho, ma voix porte. Elle m'a mené jusqu'à des gens que je n'aurais jamais cru toucher. Elle m'a permis de faire entendre mon amour de la musique, des mots et des images.

Les Îles m'ont donné le droit d'être moi. C'est pour ça que je les aime. C'est pour ça que je suis revenu.

Par Nathaël Molaison

Durant mes 18 premières années passées aux Îles, je ne m'étais jamais arrêté à la richesse de leurs paysages. C'est seulement au retour que j'ai commencé à comprendre pourquoi on aime tant ce lieu orné de mystère. Pourquoi on devient #fousdesiles.

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