Charles Cormier

Portrait d'un Madelinot passionné de voyages, d'aventure et de la mer

Depuis 28 ans, Charles Cormier travaille pour la Garde côtière canadienne. Il est chef mécanicien et spécialiste en sauvetage. Plongeur aguerri, il a sondé presque toutes les mers du monde. La plongée sous-marine et ses études en ingénierie navale l'ont conduit à participer à plusieurs expéditions à bord de bateaux, dont le Sedna IV, celui-là même qui a participé à de nombreuses expéditions scientifiques et à la production de documentaires océanographiques.

Un peu par hasard, Charles Cormier se découvre une passion pour la vie sous-marine.

Sa première expérience de plongée, si l'on peut la nommer ainsi, remonte à ses sept ans.

Un après-midi d'été à la plage, Charles profite du regard distrait de sa cousine, sa gardienne, pour s'emparer de son masque de plongée. L'eau aux chevilles, Charles glisse alors son nez dans 4 pouces d'eau et découvre alors un monde captivant où vivent écrevisses et petits poissons. L'explorateur Jacques Cousteau devient son idole ; les raies manta, les requins, les tortues luth et autres animaux marins n'ont plus de secrets pour lui.

Des passions qui l'ont mené à la recherche d'épaves.

Son intérêt pour les navires, le sauvetage en mer et la plongée l'a naturellement conduit à s'intéresser à la recherche d'épaves.

Charles Cormier - Madelinot
CGS Simcoe
Charles Cormier - Madelinot
Charles Cormier - Madelinot
Charles Cormier - Madelinot
Charles Cormier - Madelinot
Charles Cormier - Madelinot
Crédits photo : Nigel Quinn

Il y aurait entre 500 et 1 000 épaves dans les eaux entourant les Îles de la Madeleine. Seule quelques-unes ont été identifiées. Les autres ont sombré dans l'oubli, ensablées au fond de la mer ou détruites par les icebergs. À lui seul, Charles en a localisé, pris en images vidéo et répertorié une quinzaine qu'il aimerait faire connaître au public un jour.

Le CGS SIMCOE, un navire qui a sombré dans l'oubli.

Le naufrage qui retient toute son attention est celui du CGS SIMCOE, un navire du gouvernement canadien chargé de ravitailler les phares du golfe du Saint-Laurent dans les années 1910. Ce navire s'est abîmé en mer le 7 décembre 1917 à son retour du phare du Rocher aux Oiseaux. On ne sait toujours pas ce qui est advenu du majestueux navire et des 44 hommes à son bord.

« SOS EN PERDITION QUELQUES MILLES AU SO ILES DE LA MADELAINE POSITION EXACTE IMPOSSIBLE A DETERMINER A PEU PRES DIX MILLES SO DES ILES DE LA MADELEINE LES CANOTS SONT A LA MER PAR GROSSE MER SOS. »
- Le capitaine W. J. Dalton

Charles veut étudier l'épave pour comprendre ce qui a bien pu causer le naufrage et ainsi rendre un dernier hommage aux hommes qui ont disparu... L'actualité de la région couvrait alors la plus grosse explosion de l'histoire navale : la veille à Halifax, deux bateaux étaient entrés en collision à l'entrée du port. L'un des deux était chargé de munitions causant une immense explosion qui a rasé la ville et tué plus de 1 800 personnes.

Sa passion n'a pas de limite.

Pour retracer la coque en acier du CGS SIMCOE, Charles Cormier s'est équipé d'un magnétomètre capable de sonder les profondeurs de la mer. Son instrument lui a permis de faire d'autres découvertes captivantes : deux canons Anglais datant de 1740-1760, 49 boulets de mousquet dans un sac de jute, un morceau d'hélice en cuivre et bien d'autres trésors.

Les phares, sentinelles qui veillent sur les marins.

Malheureusement, les phares entourant les Îles se sont presque tous éteints. Le sauveteur en mer qu'il est s'en désole :

« Même encore aujourd'hui, on navigue avec les phares. Y'a rien de mieux qu'un repère fixe à l'horizon. Quand on voit un phare, c'est une confirmation que notre position aux instruments est juste. »
- Charles Cormier

Pour lui, les phares sont les témoins de l'histoire maritime des Îles et font partie du patrimoine local et de sa culture. Aujourd'hui, à son grand désespoir, les phares des Îles passent un après l'autre aux mains d'intérêts privés. Son souhait : que ces phares soient accessibles au public, notamment celui de l'Anse-à-la-Cabane qu'il affectionne particulièrement : c'est son arrière-grand-père, William Cormier, qui en fut le premier gardien !

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