Paysages

Îles de la Madeleine

Il y a environ 320 millions d'années, avant l'expansion des continents, les Îles de la Madeleine se trouvaient près de l'Équateur dans un bassin situé en dessous du niveau de la mer où régnait une température ambiante moyenne de 38 °C (100 °F). L'eau de mer s'y déversait donc régulièrement, entraînant ainsi une accumulation de couches de sel causée par sa forte évaporation. Une couche de sel d'une épaisseur de 5 km s'est ainsi formée sur une très longue période.

À cette même époque, les Îles de la Madeleine ont entrepris leur longue migration vers le nord pour éventuellement s'arrêter là où elles se trouvent aujourd'hui : au coeur du golfe du Saint-Laurent. Des couches de roches et de lave sont ensuite venues se déposer sur le sel sur une distance de 4 km.

Il y a entre deux et cinq millions d'années, la pression exercée sur le sel par l'accumulation des dépôts de roches a fait grimper la température à près de 300 °C (572 °F). Le sel plus fluide et plus malléable que les roches est alors remonté à la surface. La pression exercée par celui-ci sur les roches situées directement au-dessus a provoqué des plissements créant ainsi les fameux dômes de sel sur lesquels reposent les Îles de la Madeleine.

 

L'archipel

La superficie des Îles de la Madeleine est de 202 km2. Reliées entre elles par des dunes, les îles forment l'archipel. Généralement plat, le relief de l'archipel est également marqué de buttes et de falaises.

Les falaises des Îles

On retrouve deux types de falaises aux Îles de la Madeleine : les falaises de grès gris et les falaises de grès rouge.

Les falaises de grès gris sont plus résistantes à l'érosion et forment les plus hauts reliefs de l'île d'Entrée, du Havre-Aubert, du Cap-aux-Meules et du Havre-aux-Maisons. Il s'agit souvent de buttes volcaniques où se mêlent des veines d'argile, de calcaire et de gypse.

Quant aux falaises de grès rouge, elles ont des formes spectaculaires. Cette roche sédimentaire est composée à 99 % de quartz recouvert d'une mince couche d'oxyde de fer qui lui confère sa couleur rouge. Il s'agit d'une roche extrêmement friable qui résiste mal à l'érosion des vagues.

Archipel - Iles de la Madeleine
Falaises rouges - Iles de la Madeleine
Falaises de grès gris - Iles de la Madeleine
Falaises rouges - Iles de la Madeleine
Attention

 Attention ! 

 Éviter de marcher au bord des falaises, car l'érosion n'est pas toujours visible et un accident est vite arrivé. Tenez-vous à au  moins 3 mètres du bord, surtout lorsque vous voyez ce panonceau. 

Les plages

Le sable des plages provient en grande partie de l'érosion des falaises de grès rouge. Entraîné dans l'eau salée, le quartz est lavé de sa pellicule d'oxyde de fer. Le sable, ainsi mobile, est redistribué autour des Îles par les courants littoraux pour être ensuite déposé en cordon orienté selon les courants et les vents. Il est de couleur blond à l'état sec.

Les plages sont facilement accessibles. On peut aussi bâtir des châteaux de sable, ramasser des coquillages ou tout simplement méditer face à la mer. Il est toujours agréable de s'y baigner, de se faire bronzer par le vent et le soleil et de prendre de longues marches vivifiantes.

La température de la mer dans laquelle baignent les Îles avoisine généralement 18 ºC (64 ºF) à la mi-août, alors qu'elle peut atteindre au-delà de 20 ºC (68 ºF) dans les lagunes et les baies. Le vent influence beaucoup le plaisir de la baignade. C'est pour cette raison qu'on choisira de préférence une plage à l'abri du vent.

Plage du Sandy Hook (plage du Havre-Aubert)
Plages des Îles de la Madeleine

Attention aux courants marins !

Par vent fort, il est dangereux de se baigner sur certaines plages et ce, même si vous êtes un bon nageur. La présence des vagues est la manifestation du passage de courants marins qui circulent le long du littoral. Lors de journées venteuses, ne vous baignez que dans les endroits surveillés ou évitez de le faire. Pour plus d'information, contactez le bureau d'information touristique

Les dunes

Dune aux Îles de la Madeleine

Lors des tempêtes, les vagues et les courants rapportent constamment du nouveau matériel sur les plages permettant à certaines plantes pionnières (Caquillier édentulé, sabline faux-péplux) de s'y installer. Ces plantes en faisant obstacle au vent, permettront la formation des buttereaux. Avec la décomposition des plantes pionnières, d'autres plantes telles que l'ammophile à ligule courte vont pouvoir s'installer à la suite.

Cette plante, essentielle à l'équilibre écologique de l'archipel, retient le sable des dunes grâce à ses rhizomes (tiges souterraines). Une fois le sable emprisonné dans les racines de l'ammophile, des plantes plus variées et en plus grande densité (Gesse maritime, Sapin baumier, Camarine noire, Myrique de Pennsylvanie) vont coloniser le milieu et fixer définitivement la dune.

Les cordons sablonneux forment 60 % de toute l'étendue du littoral des Îles, soit une superficie d'environ 17 200 acres. C'est ainsi que se sont formés les dunes et les sillons. C'est surtout à cet endroit que le paysage madelinot démontre toute son originalité : des dunes blondes composées d'une flore maritime qui ne se retrouve nulle part ailleurs au Québec à une échelle aussi grande. 

Les dunes offrent une protection importante contre la contamination de la nappe d'eau douce souterraine par l'eau salée. Elles offrent également une protection pour les infrastructures routières, de même qu'un milieu de vie important pour des plantes et animaux qui viennent y chercher abri et nourriture.

Attention à nos dunes fragiles !

Comme les dunes des Îles de la Madeleine représentent un milieu fragile et essentiel au maintien de l'équilibre écologique et à la beauté de l'archipel, la circulation motorisée est interdite sur les plages et les dunes. Il faut aussi éviter le plus possible de circuler à pied sur les dunes et les buttereaux. Empruntez plutôt les sentiers balisés, les accès et les stationnements aménagés. 

Les lagunes

Lorsque les dunes se doublent et deviennent parallèles (tombolos doubles), elles finissent par isoler des plans d'eau, créant ainsi des lagunes. Elles communiquent généralement avec la mer par des goulets, sorte de chenaux de faible profondeur. Ces bassins naturels ont aussi des fonctions biologiques fortes utiles. Par leur situation, leurs échanges avec la mer et leur faible profondeur, les lagunes constituent des habitats privilégiés pour la croissance du homard et la reproduction de nombreuses autres espèces maritimes tels le hareng et l'éperlan.

De plus, le littoral des lagunes est généralement bordé par des marais et des prés salés qui accueillent d'importantes populations d'oiseaux marins, aquatiques et de rivages. Notons également que les véliplanchistes y trouveront des sites sécuritaires et une eau calme et agréablement chaude.