Denis Cormier

Portrait d'un Madelinot pêcheur de homards... et bien plus !

Denis Cormier, capitaine-pêcheur depuis plus de 38 ans, est un homme vif et toujours souriant. Son métier lui a été transmis par ses aïeux. Quoi de plus naturel aux Îles de la Madeleine, car ici on a tous des pêcheurs dans la famille ! Vers l'âge de 15 ans, il est initié à la pêche par son père qui l'emmène les samedis en mer. Et pendant les vacances, il accompagne son oncle à la pêche du pétoncle. C'est là qu'il prend vraiment goût à la mer.

Pêcheur, un métier passionnant

Denis à Johnny - aux Îles on retrace une personne par sa filiation et par le prénom de son père - pêche le homard dans les eaux qui entourent l'archipel. C'est à la barre du Kakawi qu'il part en mer, accompagné d'un aide-pêcheur Denis à Roger Arseneau.

Comme ses 324 confrères homardiers, Denis dispose cette année de 273 cages à mettre à l'eau. Pas une de plus, c'est la réglementation.

Depuis peu, le homard des Îles a obtenu la certification MSC confirmant officiellement la durabilité de cette activité de pêche. Il est maintenant aussi possible de retracer la provenance de chaque prise au moyen d'une étiquette apposée sur chacun des homards pour un gage de qualité.

Denis Cormier pêcheur de homards
Pêche au homard
Pêcheurs de homards
Shed à Denis Cormier
Mise à l'eau des cages à homards
Chasse aux loups marins
Pêche au homard aux Îles de la Madeleine
Crédits photo : Nigel Quinn

La pêche débute habituellement autour du premier samedi du mois de mai, et elle dure neuf semaines intensives ! Une seule journée de congé - le dimanche - qui le plus souvent est consacrée à la réparation des bris d'équipement, au ravitaillement du bateau ou encore aux tâches administratives.

Lorsque cette pêche se termine vers la fin juillet, que les viviers sont bien remplis et que les visiteurs continuent de se régaler du célèbre crustacé, Denis se prépare pour la pêche au flétan - énorme poisson de fond que l'on pêche à la ligne. Il pêche également le thon rouge depuis quelques années. Une pêche qui exige patience et endurance, car remonter un thon rouge à la ligne peut prendre plus de trois heures !

Le métier évolue et les traditions changent.

« Pour être un bon pêcheur ça prend de la patience, pis aussi beaucoup de passion. Et de ces années ici, beaucoup de courage parce que la pêche n'est plus ce qu'elle était. »
Denis Cormier

Le métier de pêcheur a bien changé depuis l'époque de ses parents. Son père, un pêcheur de grande expérience, serait incapable de pêcher aujourd'hui compte tenu de la réglementation et des technologies qui prennent toute la place.

Pêcheur mais aussi chasseur.

Une fois la saison de la pêche terminée, le pêcheur devient chasseur, pour le plaisir ! À l'automne, Denis partira à la chasse au petit gibier accompagné de ses deux labradors bruns, Bozo et Castor. Ils chasseront notamment le kakawi, espèce de canard sauvage que Denis affectionne particulièrement.

Expression madelinienne

« Être heureux comme un chien dans une boite de truck »

Équivalent de heureux comme un poisson dans l'eau

Camion rouge - Îles de la Madeleine






Denis chasse également le loup-marin (phoque du Groenland) au mois de mars lorsque le troupeau arrive aux Îles avec la descente des glaces. C'est une chasse traditionnelle qui fait l'objet d'une grande campagne anti-chasse, ce qui a entraîné la fermeture de la plupart des marchés.

« La chasse aux phoques c'est une nécessité. Ici aux Îles on est apprêt se faire manger par les loup-marins tellement y'en a. Est-ce que c'est logique quand on sait qu'il y aurait un marché pour l'huile, les oméga-3, la viande, la fourrure alors qu'ils vident les stocks de poissons »
- Denis Cormier
 

Du homard, Denis en mange !

Après toutes ces années à pêcher le homard, Denis s'en régale encore. Il est fier du homard des Îles. Selon lui, c'est le meilleur, car il vit sur un fond rocheux et non vaseux, ce qui confère à sa chair un si bon goût. Il est d'avis que la meilleure façon de déguster ce crustacé est de le servir tiède, ou encore mieux, le lendemain, pour plus de saveurs. Mais encore faut-il patienter jusque-là !

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