Histoire
La découverte des Îles de la Madeleine
Les Indiens Micmacs nommaient poétiquement l'archipel «Menagoesenog», mot signifiant «îles balayées par la vague». Bien avant la venue des Européens, ils le visitaient en quête de poissons, de phoques et de vaches marines.
Le 25 juin 1534, Jacques Cartier, dans son journal de bord, baptise à son tour les Îles «les Araynes», du latin arena, c'est-à-dire sable. Il aborde d'abord l'
Île aux Oiseaux, qu'il nomme alors «Isle aux Margeaux» à cause des nombreux volatiles qui s'y trouvent, puis l'
Île Brion. Il écrit dans son journal de bord: «Icelle isle est rangée de sablons et beau fons et possaige à l'entour d'elle, à seix et à sept brassez. Ceste dite isle est la meilleure terre que nous ayons veu, car ung arpant d'icelle terre vault mielx que toute la Terre Neufue. Nous la trouvames plaine de beaulx arbres, prairies, champs de blé sauvaige, et de poys en fleurs, aussi espes et aussi beaulx, que je vis oncques en Bretaigne, qu'ilx sembloient y avoir esté sémé par laboureux.»
Quant à Samuel de Champlain, c'est en 1629 qu'il inscrit sur une carte «La Magdeleine» à l'endroit de l'
île du Havre Aubert. On dit aussi que le nom des Îles de la Madeleine aurait peut-être été attribué à l'
archipel qu'en 1663 par François Doublet de Honfleur concessionnaire des Îles, qui voulait ainsi honorer son épouse Madeleine Fontaine. Sous le Régime français, les Îles de la Madeleine passent entre plusieurs mains sans qu'il n'y ait d'exploitation durable ni de colonisation véritable.
Un pays d'Acadiens...
En 1755, le destin des Acadiens prend une tournure tragique. C'est le «Grand Dérangement» et la population acadienne est déportée à travers le continent. Quelques individus échappent à cette déportation et débarquent aux Îles de la Madeleine sous la rude tutelle du marchand Richard Gridley pour lequel ils chassent le morse et exploitent les pêcheries des Îles. En 1789, suite à la Révolution française, d'autres familles acadiennes originaires de Saint-Pierre et Miquelon se joignent à eux sous la gouverne de l'abbé Jean-Batiste Allain à qui l'on doit le premier registre conservé. C'est avec eux que commence la véritable colonisation des Îles de la Madeleine.
En 1763, les Îles sont d'abord annexées à Terre-Neuve pour passer, en 1774 par l'Acte de Québec, sous la juridiction du Québec. En 1798, Isaac Coffin en obtient la concession et oblige les Madelinots à payer des rentes pour occuper les terres qu'ils ont défrichées et occupées depuis plus de 25 ans. S'ajoute à cette domination féodale, celle des marchands sur les pêcheurs. Ces misères et injustices auxquelles sont alors soumis les Madelinots expliquent leur émigration continuelle vers des terres nouvelles. Ils vont ainsi fonder plusieurs villages de la Côte-Nord dont Blanc-Sablon (1854), Havre-Saint-Pierre, Natashquan (1855) et Sept-Îles (1872). C'est en 1895 seulement qu'une loi du Québec permettra aux Madelinots de racheter leurs terres du concessionnaire. Débarrassés des tracasseries colonialistes, ils mettront dès lors leurs efforts à surmonter leurs difficultés et à viser l'autosuffisance.
Pour plus d'information concernant l'histoire des Îles de la Madeleine, nous vous suggérons le livre « Histoire des Îles de la Madeleine » de Jean-Charles Fortin et Paul Larocque des éditions de l'IQRC disponible au
bureau d'information touristique.
... et de mer
Les Madelinots pêcheurs et navigateurs ont certes connu les joies de la vie maritime, mais ils en ont également connu les difficultés. Au-delà de 400 naufrages ont été rapportés aux Îles de la Madeleine. Plus souvent qu'autrement, c'étaient des bateaux étrangers qui croisaient autour de l'
archipel et que la tempête rejetait sur la côte. Bien souvent, les naufragés choisissaient de vivre parmi leurs sauveteurs. Maintes légendes et faits vécus colorent aujourd'hui encore la tradition orale et gardent vivantes ces histoires quasi incroyables du temps où l'isolement était presque complet.
Avec le temps, l'amélioration des moyens de communication a largement atténué l'isolement des insulaires qui conservent une façon de vivre unique et une langue qui leur est particulière. En 2002, la population totalisait 13172 habitants, dont cinq pour cent environ sont des anglophones majoritairement d'origine écossaise.