Acadie
Les origines
Situées en plein milieu du golfe Saint-Laurent, les Îles de la Madeleine sont le théâtre de l'histoire vivante des grands explorateurs. Appelées par les Mi'Kmaqs des poétiques noms de Menquit (Îles flottantes) et Menagésunok (Îles portées par le vent), et nommées par Jacques Cartier "Les Araynes" et par Champlain " Raméa", c'est François Doublet qui leur donna le nom définitif de "Îles de la Madeleine", en hommage à sa femme Madeleine Fontaine, en 1662. Plusieurs propriétaires se succéderont au fil du temps, sans grand succès. Avec le temps, les Français installés en Acadie défrichent, construisent et s'enracinent dans cette terre paradisiaque acadienne. De Pentagouet (Le Maine) jusqu'à Terre-Neuve, en passant par Port-Royal (Saint John, N.-B.), Abegweit, (Île du Prince Édouard) et Gespeg (Gaspé), l'Acadie toute entière fleurit et bourgeonne. La terre aride devient productive.
En 1713, le traité d'Utrecht est signé. Désormais, l'Acadie n'appartient plus à la France. Quelques décennies plus tard, en 1755, les Acadiens sont essaimés à tout vent, du Maine jusqu'en Louisiane. Un petit nombre d'Acadiens s'enfuient à Saint-Pierre et Miquelon ou retournent dans leur pays d'origine, la France. Quelques-uns trouvent refuge à l'Île Saint-Jean (aujourd'hui Île du Prince Édouard), mais en 1758, ils sont délogés à leur tour. Quelques années après la déportation, quelques Acadiens revenus dans leur village natal constatent que leurs terres sont redistribuées et occupées.
Le Colonel Richard Gridley se voit décerner en prime de guerre les Îles de la Madeleine, qu'il appelle "Magdalen Islands". Fier de son acquisition, il se rend à l'Île Saint-Jean, désormais Prince Edward Island, et recrute jusqu'à Malpec des Acadiens errants qui ont évité la déportation ou qui reviennent dépouillés de tout. Richard Gridley propose à vingt-deux d'entre eux de s'établir aux Îles de la Madeleine avec leur famille, entre 1762 et 1765, afin de faire la chasse aux vaches marines et d'en récolter les huiles. C'est ainsi que débute la colonisation. Ces quelques Acadiens arrivent avec leurs familles, leur parler, leurs expressions et leur mode de vie. Vingt ans après, ils sont deux-cent-cinquante et, avec l'arrivée des Acadiens de Miquelon, la population double du jour au lendemain, ce qui porte le nombre à 500 personnes sur les Îles de la Madeleine en 1793.
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